Le Tatouage : inspiration et conseil

By vendredi, août 21, 2015 Permalink 0

Au cinéma, le tatoué, c’est le rebelle, l’ex-taulard ou bien celui qui s’apprête à déconner. Je pense à Viggo Mortensen dans Les Promesses de l’Ombre, je pense à Ryan Gosling dans The Place Beyond the Pine, je pense à Edward Norton dans American History X. Le tatouage est un symbole de marginalité, du caractère subversif de son porteur, comme s’il avait été élevé avec les loups. Façon de parler.

Viggo Mortensen dans Les Promesses de l'Ombre

Viggo Mortensen dans Les Promesses de l’Ombre

Pour aller plus loin, j’ai dévoré cet article intitulé L’encyclopédie visuelle des tatouages des prisonniers russesOn peut y apprendre les différentes significations morbides des tatouages des prisonniers russes. On est loin de la petite fée mignonne au creux de la chute de rein.

« Es-tu fier de tes tatouages ? » C’est la question que les co-détenus posent quand un petit nouveau fait sa rentrée des classes. Ils se rencardent pour savoir si la personne en question a honoré ses tatouages et si, réciproquement, ses tatouages l’honorent. Parce que faut pas déconner.

Ce qu'on peut lire sur l'article de VICE : "Les têtes de mort sur les épaules du détenu indiquent qu'il purge une peine à vie, et la fille qui « attrape » sa robe avec une canne à pêche sur son avant-bras gauche est un tatouage répandu chez les violeurs. (Toutes les photos sont d'Arkady Bronnikov/ FUEL)"

Ce qu’on peut lire sur l’article de VICE : « Les têtes de mort sur les épaules du détenu indiquent qu’il purge une peine à vie, et la fille qui « attrape » sa robe avec une canne à pêche sur son avant-bras gauche est un tatouage répandu chez les violeurs. (Toutes les photos sont d’Arkady Bronnikov/ FUEL) »

Répugnant parfois mais véritablement fascinant.

Histoire d’oublier personne, je voudrais attirer votre attention sur le fait que des personnages illustres comme Churchill, George Orwell ou Roosevelt (Franklin et Theodore), pour n’en citer que quatre, étaient tatoués. Histoire de dire que, dans le temps, si le tatouage a eu la faveur de certains milieux sociaux, il n’appartient finalement à aucune classe.

Pour ancrer cet article dans un temps qui nous parle et s’il vous est arrivé de flâner dans les rues plus ou moins underground de Londres, vous avez bien dû noter qu’il est impossible de faire deux pas sans tomber sur quelques avant-bras saturés d’encre et c’est sans compter ceux qu’on ne peut pas voir. En été, les débardeurs des branchés les habillent moins que leurs tattoos.

Effectivement, j’enfonce une porte ouverte mais autant le dire, de nos jours la portée symbolique du tatouage est bien plus faible qu’alors, même si nous avons gagné en liberté de faire. Bien ou mal, je m’en contrefous, le tout étant de recourir au tatouage avec tout le bon sens qu’il faut appliquer à chaque décision de son existence.

Les do et les don’t

1. Ne cédez pas à la mode.

Se faire tatouer c’est changer l’apparence originelle de son corps, c’est la détourner, la pervertir, la travestir (aucune notion péjorative derrière ces verbes). Et si nous voyons chaque jour plus d’aficionados de cette pratique, il n’en demeure pas moins qu’elle concerne une partie marginale de la population. Alors pourquoi annihiler cet acte d’émancipation – l’acte de se faire tatouer – en choisissant une forme que l’on retrouvera sur beaucoup d’autres ?

Combien de moustachus se trimballent avec une forme triangulaire sur le poignet ? Combien de plumes sur l’intérieur du bras ? Combien de crânes mexicains ? Combien de petit coeur dans la nuque ou je-ne-sais-où ?

Vous pouvez en revanche céder à un registre de tatouage : old school, japonais, minimaliste, biomécanique, réaliste etc. Mais la forme finale du tatouage ne concerne que vous et vous caractérisera pour le restant de vos jours, alors autant qu’il soit personnel au possible. Vous ne vous tatouez pas pour les autres, vous vous tatouez pour vous.

Définissez un style, ou plusieurs, recherchez les tatoueurs qui excellent dans ces styles et allez leur exposer votre projet.

Les styles les plus élégants selon moi :

Nick Wooster et ses tatouages japonais

Nick Wooster et ses tatouages japonais

Old School (ancre marine à la Churchill, bateaux, pin-up, dandy)

Old School (ancre marine à la Churchill, bateaux, pin-up, dandy)

Minimalisme et pointillisme

Minimalisme et pointillisme

2. Ne faites pas d’humour

Il suffit de googliser « worst humour tattoo » sur Pinterest pour s’en convaincre.

Comme un tour de magie dont on connaît le secret, une blague dont on connaît la chute perd toute sa saveur avec le temps car on anticipe la fin et qu’on se lasse de se la voir posée.

3. Méfiez-vous des tatouages littéraires

Par pitié, ne cédez pas aux messages du type « Only God Can Judge Me », qu’on trouvera facilement sur la peau des pseudo-people de Secret Story. On trouve que c’est une rudement bonne idée quand on a dix-huit ans et qu’on se rebelle mollement contre tout, mais rapidement, on se rend compte à quel point la formule est creuse et ne mérite pas qu’on la grave dans la chair.

Plus que le sens du message que vous vous faites tatouer, la typographie est particulièrement importante : trop d’enluminures et vous passez du côté beauf. C’est sectaire, mais assez vrai.

4. Se faire tatouer le visage de quelqu’un

J’ai rarement vu un tel tatouage qui soit véritablement réussi. Je me trompe sûrement. Peut-être disons. Le seul cas réussi que je connaisse est celui que Megan Fox porte à l’avant-bras.

En tout cas, c’est catégorique s’il s’agit de sa copine (son copain) ou d’un ami d’enfance qu’on croit pour la vie. Si vous souhaitez rendre hommage à quelqu’un, faut être plus subtil que de demander au tatoueur de graver un prénom et un portrait (souvent dégoulinant et horrible). Pourquoi ne pas, par exemple, choisir un symbole qui représente cette personne ?

5. Pensez aux sujets qui vous touchent

Raconter ses faits d’arme à travers l’encre inséré dans la chair, ça a de la gueule. Sauf que, faut bien le dire, le caractère épique de nos vies pépères s’est quelque peu affaibli. Alors, avant de vous faire tatouer (cette période de méditation plus ou moins active peut prendre des années), il convient de réfléchir aux choses qui vous tiennent à coeur : avez-vous un emblème familial (« à quelle famille appartient cet écu ? ») ? une passion qui ne vous quitte pas depuis des années et dont vous êtes sûr qu’elle vous tiendra aux tripes toute la vie ? existe-t-il un film, un ouvrage, un événement qui particulièrement vous parle ?

Ce sont autant de pistes qu’il faut explorer et desquelles vous pouvez parler à votre tatoueur.

Quelques inspirations personnelles

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Extrait de l'ouvrage I AM DANDY de Rose Callahan et Nathaniel Adams

Extrait de l’ouvrage I AM DANDY de Rose Callahan et Nathaniel Adams

Le poète fume

Le poète fume

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Hokusai

Hokusai

Est-ce que ça fait mal ?

Je pense bien que oui. Je vous dirai cela avec plus de certitude cette fin d’année 2015, si tout va bien. Cependant je pense aussi que cela fait partie du rituel. Facile à dire quand on ne l’a encore jamais fait.

Ici l’article duquel est tiré cette vidéo sur JAMAIS VULGAIRE.

Pour finir…

…je dirais que tout ceci reste mon humble avis et que chacun doit faire comme bon lui semble. Et pour moi, ayant réfléchi longuement lors de mes nuits sans sommeil, vaut mieux se faire un tatouage qui ne veut rien dire mais qui a vraiment de la gueule, plutôt que d’inventer une histoire a posteriori sur un tatouage qui voulait dire autre chose. Le mieux étant bien sûr, de lier le fond et la forme. Ce sera le mot de la fin.

Allez, et portez-vous bien !

Jim

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